-18.5 C
Montréal
23 janvier 2022 00:27
Accueil Actualité « Tape » sur leur téléphone portable en classe

« Tape » sur leur téléphone portable en classe

Nous suivre

Avant les vacances, les adolescents étaient plus que jamais rivés à leurs téléphones portables, déplorent les travailleurs scolaires qui ont observé plus de problèmes de concentration en classe cet automne.

• Lire aussi : Les écrans deviennent le plus grand défi pour les parents

La pandémie aura forgé certaines habitudes dont il est difficile de se débarrasser. Le temps d’écran a explosé depuis le printemps 2020 et les jeunes ont désormais du mal à laisser leur téléphone portable de côté, même pendant un cours de français, de maths ou de sciences.

« Nous nous battons pour que les téléphones portables n’entrent pas en classe, mais nous les récupérons tous les jours. Avant, je n’avais pas autant de difficultés à faire respecter les règles », raconte Josiane, enseignante du premier secondaire.

Même son de cloche chez Sylvain Dancause, qui enseigne aussi au secondaire dans une école du Québec. « Les jeunes n’ont jamais été aussi scotchés à leur téléphone portable, dit-il.

« Nous choisissons nos combats »

Les élèves réclament désormais leur appareil dès qu’ils ont quelques minutes à occuper en classe, ajoute Geneviève Vohl, directrice adjointe du centre Cyber-aide, qui intervient beaucoup dans les écoles.

« Les professeurs nous racontent qu’avant, quand les élèves avaient fini leur travail ou leurs examens avant les autres, ils pouvaient leur faire faire des sudokus, des mots cachés, de la lecture. Maintenant, la seule chose qu’ils veulent, c’est leur téléphone portable », a-t-elle déclaré.

Résultat : certains enseignants finissent par céder, bien à contrecœur. « En tant qu’enseignant, vous finissez par abdiquer car la tâche devient très lourde. C’est déjà difficile de les pendre, alors on choisit nos combats », lâche un enseignant qui a refusé de révéler son identité, puisqu’il n’avait pas le droit de nous parler.

D’autres enseignants avec qui Le journal a toutefois déclaré que la gestion des écrans en classe n’était pas plus problématique qu’avant la pandémie. Certains lycées ont resserré leurs règles à cet égard cet automne, pour éviter le coup, qui fonctionne, dit-on.

Moins concentré en classe

La surexposition aux écrans pendant la pandémie a également compliqué la tâche des enseignants, ajoute Geneviève Vohl.

« Les enfants ont beaucoup projeté, ils étaient toujours stimulés, donc c’est vraiment difficile maintenant pour eux de rester concentrés devant leur professeur, même s’il fait le Majorette devant la classe », dit-elle.

Josiane le confirme : « J’ai l’impression de devoir rivaliser avec la stimulation d’un jeu vidéo. C’est vraiment pire qu’avant », dit-elle.

Même son de cloche de Léandre Lapointe, vice-président de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), qui représente les enseignants du réseau privé.

« On sent les jeunes plus dissipés. Pas seulement dans leur comportement, mais dans leur tête, dit-il. Maintenir l’attention des élèves en classe est encore plus difficile qu’avant. Passer 15-20 minutes à écouter le professeur devient de moins en moins possible. Mais que vont faire ces jeunes au cégep et à l’université? « 

Les enseignants se demandent constamment dans quelle mesure ils doivent ou non adapter leur enseignement à cette nouvelle réalité, ajoute M. Lapointe.

Une adolescente complètement accro à son téléphone

La mère d’une adolescente sans histoire ne reconnaît plus sa fille depuis que le téléphone portable a pris toute la place dans sa vie.

Cathy a accepté que sa fille de 13 ans ait son premier téléphone portable au début de 2020, avant de partir pour un voyage scolaire de trois semaines à l’étranger. « Nous étions réticents, mais nous pensions que cela pourrait être plus sûr pour le voyage », raconte cet enseignant.

À ce stade, l’adolescente est une jeune fille « que tous les parents rêvent d’avoir », heureuse et sans chichi, décrit Cathy. Mais la pandémie bouscule rapidement tout.

Le voyage prévu en mars est annulé. Le confinement est un choc pour sa fille. À contrecœur, ses parents lui donnent la permission d’aller sur les réseaux sociaux.

« C’était le seul moyen pour elle de communiquer avec ses amis. On a fini par capituler », raconte sa mère.

Les heures passées devant l’écran s’additionnent, au point que sa fille se lève la nuit pour consulter son téléphone. Elle devient agressive dès que ses parents essaient de limiter son temps d’écran. Ses résultats scolaires s’effondrent.

Même pendant l’été, lorsqu’il est possible de voir ses amis dehors, l’adolescente préfère rester enfermée seule, devant son téléphone portable.

« Rien d’autre qui l’intéresse »

À l’automne 2020, alors que sa mère veut confisquer son téléphone après un incident, l’adolescente « hors de contrôle » laisse entendre que la vie ne vaut pas la peine sans son téléphone portable. « Le cœur de ma mère a fait trois tours, dit Cathy.

Tout au long de son année scolaire, l’adolescente sera suivie par un psychologue en privé, toutes les deux semaines. Ses parents n’ont vu aucun changement, cependant. «Elle est toujours tellement dépendante de son téléphone portable. Il n’y a rien d’autre qui l’intéresse », selon sa mère.

Crises d’anxiété

Les incidents impliquant les réseaux sociaux continuent de se multiplier, allant de la création de faux comptes à la publication de photos audacieuses. Ces derniers mois, l’adolescente a commencé à avoir des crises d’angoisse.

Cathy a essayé de la renvoyer en psychologie privée, mais elle est maintenant coincée avec des listes d’attente. Cependant, une travailleuse sociale du CLSC devrait venir rencontrer la famille sous peu. Les parents s’accrochent à cette avenue comme une bouée de sauvetage.

« Ça fait presque deux ans que ça dure, presque deux ans qu’on ne dort plus », raconte Cathy. Nous sommes au bout du fil. « 

Source : www.journaldemontreal.com

Nous suivre sur Google Actualités

NOUS SUIVRE

191FansJ'aime

Actualité Canada est un nouveau média qui a pour objectif de vous informer en français de l’actualité qui vous intéresse. N’hésitez pas à nous suivre pour montrer votre soutien à notre rédaction 🙂

Derniers articles

La maison de Patrick Roy vendue près de 6 M$

Une autre résidence luxueuse appartenant à un sportif bien connu vient d'être...

Des coachs de renfort pour aider les cadres du réseau

Les contrats de coaching se multiplient dans le réseau de la santé...

L’effort de retour des Canadiens est interrompu alors que le vainqueur de Landeskog en prolongation propulse l’Avalanche vers la victoire

Gabriel Landeskog a marqué 1:16 en prolongation et l'Avalanche du Colorado a battu les Canadiens de Montréal 3-2 samedi soir à Denver, Colorado, pour...

Une deuxième équipe intéressée par Evander Kane ?

Après les Oilers d'Edmonton, les Capitals de Washington seraient également intéressés par Evander Kane, qui est agent libre depuis la...

Il est temps de donner une date de réouverture

Les restaurateurs exigent qu'une date précise soit donnée rapidement afin de planifier...

Rediffusion du blog en direct : les Canadiens poussent l’Avalanche en prolongation, mais perdent 3-2

Liens du fil d'Ariane LNH Canadiens de Montréal Le hockey à l'envers ...

Vous pourriez aimer

La maison de Patrick Roy vendue près de 6 M$

Une autre résidence luxueuse appartenant à un sportif bien connu vient d'être...

Des coachs de renfort pour aider les cadres du réseau

Les contrats de coaching se multiplient dans le réseau de la santé...

L’effort de retour des Canadiens est interrompu alors que le vainqueur de Landeskog en prolongation propulse l’Avalanche vers la victoire

Gabriel Landeskog a marqué 1:16 en prolongation et l'Avalanche du Colorado a battu les Canadiens de Montréal 3-2 samedi soir à Denver, Colorado, pour...

Une deuxième équipe intéressée par Evander Kane ?

Après les Oilers d'Edmonton, les Capitals de Washington seraient également intéressés par Evander Kane, qui est agent libre depuis la...